Association Départementale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes de l'Isère

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04 décembre 2018

Photos commémoration de la "Saint Barthelemy grenobloise"

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Commémoration de la "Saint Barthelemy grenobloise"

Saint-Barthélémy Grenobloise

Rue des Martyrs à  Grenoble, le 28 novembre 2018

Allocution  de Danier  Huillier, Président de Résistance-Unies de l'Isère

 

En ce 75ème anniversaire de la mémorable explosion du Polygone d'Artillerie, le temps a gravement éclairci nos rangs. Félicitations aux anciens, de santé précaire, que je vois autour de nous.

 

Notre  ami, le  Général  Alain  LE  RAY,  ex-chef  départemental  des  Forces  Françaises  de

l'Intérieur, rappelait dans son allocution lors du 50ème  anniversaire de  la Libération de Grenoble :

« La Résistance est une forme majeure de combat. C'est celle qui soulève contre un ennemi souverainement maître du terrain, un peuple militairement vaincu mais qui conserve un patriotisme intact, dont l'occupation et ses séquelles vont retremper la volonté. La noblesse et la chance d'une Résistance sont qu'elle jaillit du cœur de la Nation, qu'elle efface les disparités sociales et idéologiques pour s'accrocher à l'essentiel et souder les hommes dans la lutte. »

 

Les hommes dont les noms sont inscrits sur le Mur, illustrent parfaitement cette définition. Ils sont indissociables de quelques pages  marquantes de la Résistance qui ont valu à Grenoble la reconnaissance de la France Combattante .

 

Nous n'avons pas ici le temps de rappeler comment se sont déroulées ces opérations. Elles ont, par la suite, été relatées dans plusieurs livres et quelques reportages. Nous les présenterons aujourd'hui dans l'ordre chronologique, en ébauchant à peine la forte personnalité des principaux acteurs . Leurs proches et leurs compagnons d'armes nous le pardonneront.

 

-  Depuis fin 40, les tous premiers résistants avaient déjà montré leur détermination. Les organisations s'étaient lentement structurées et leurs actions prouvaient à l'ennemi (et en particulier à la Milice), qu'il fallait compter avec ces patriotes follement audacieux.

 

Mais l'occupation de Grenoble par les troupes allemandes, en septembre 43, durcissait la situation. La sévère répression de la manifestation  patriotique du  11novembre 43  allait en donner la mesure en provoquant malheureusement, ce jour -là, plus de  400 déportations dans l'enfer des camps nazis.

 

-  Trois jours plus tard, le 1 4 novembre 1943 peu après minuit, Grenoble était secouée par des explosions en chaîne qu'on entendait à plus de 10 kms à la ronde! La poudrière du polygone d'Artillerie venait de sauter et avec elle des tonnes de munitions et de matériels que les troupes allemandes ne pourraient plus utiliser. Les organisateurs de cette magistrale destruction ont maintenant leurs noms inscrits sur ce mur, fragment de l'ancienne enceinte du Polygone :

- Le Général Delaye, alors responsable du parc, Officier du C.D.M. « Camouflage du Matériel », sans lequel rien n'était possible;

-  Le commandant Louis Nal, alias « Brunet», appartenant à COMBAT depuis son retour de captivité, Officier de I'A.S. et quelques  mois plus tard, membre du C.D.L.N. nommé Chef départemental des Groupes-Francs de l'Isère qui ont compté plus de 200 actions armées à leur actif. Nal était leur « Patron » (c'est ainsi que l'appelaient ses hommes). Sa disparition prématurée, en juin  1949, les a profondément affectés;

-  Aimé Requet, son adjoint fidèle comme son ombre, avait réalisé SEUL sur le terrain cet exploit historique dans les annales de la Résistance. Ses camarades restent toujours admiratifs du courage et du sang-froid incomparables de « Mémé », homme aussi solide que modeste.

 

A côté de ces trois noms, celui d'un autre héros exceptionnel:

-  Eloysi Kospiski, déserteur polonais de la Wehrmacht, rallié au GF « Petit-Louis » sous le nom d'Eloi. Lui aussi a voulu opérer SEUL sur le terrain, pour l'explosion de la Caserne de Bonne, boulevard Gambetta, le 2 décembre. Ces deux destructions ont eu un retentissement difficilement mesurable sur le moral des troupes allemandes.

Eloi, tombé lors d'un engagement contre l'ennemi le 20 août 44 à Domène, ne verra pas la

libération de notre Ville, deux jours plus tard !

Comme  celle  du  Parc  d'Artillerie  pouvait  finalement  répondre  aux  déportations  du  11 novembre,  la  stupéfiante  explosion  de  la  Caserne  de  Bonne, qui a  éliminé  nombre de soldats  ennemis,   répliquait  à  son  tour  aux  massacres   qui  venaient   d'endeuiller                                                                                                              la Résistance Grenobloise entre le 25 et 29 novembre.

 

- Du  jeudi 25 novembre au lundi 29 novembre 1943, s'est déroulée « la Saint Barthélémy » des patriotes dauphinois, l'heure la plus tragique  qu'eut  à  subir  la Résistance à Grenoble. Une équipe de tueurs de la Gestapo Lyonnaise, détachée à Grenoble pour décapiter la Résistance, fait régner l'angoisse et la terreur d.ans notre ville. La ronde infernale des tractions-avant noires commence le 25 novembre; et les assassinats bien ciblés se succèdent impitoyablement ! Nous ne pouvons rappeler le scénario de ces cinq journées particulièrement sanglantes. Nos amis sont tués sous les yeux de leurs proches ou enlevés pour tenter de leur arracher quelques informations. Et on retrouve leurs corps, à l'aube, affreusement mutilés, presque chaque fois sous une pancarte qui précise: « cet homme a été abattu par les antio-terroristes; sa mort répond de celle d'un national ».

En 5 jours, Sept responsables de mouvements de Résistance (dont 3 chefs départementaux) et quatre de leurs compagnons de lutte, tombent en martyrs de cette sauvage répression, dans les conditions les plus atroces. Parmi eux, le Docteur Gaston Valois, Chef départemental des M.U.R. (ancien de COMBAT).

 

Arrêté le 27 novembre, il subit 48 heures d'interrogatoire sous les pires tortures, ne prononce pas un mot mais décide d'échapper à ses bourreaux en se donnant la.mort dans sa cellule de la Gestapo, cours Berriat, le 29 au matin.

 

En 5 jours seulement, vingt-neuf personnes suspectées d'appartenir à la résistance seront interpellées, dix immédiatement abattues ce qui, avec l'héroïque suicide du Dr Valois, porte le nombre des exécutions à 11patriotes. Quatorze partiront en déportation, dans les dégradantes conditions que l'on connaît. Six ne reviendront pas. La Saint-Barthélémy de la Résistance Grenobloise a donc fait (sur le champ ou à terme) dix-sept martyrs.

 

Or, depuis plus de cinquante-cinq ans, le buste érigé à la mémoire de Valois près de l'Eglise ST-Louis rue Félix Poulat, rappelait seul cette tragédie. Le 29 novembre, une discrète cérémonie y  regroupait  chaque  année  quelques  amis,  de  moins en  moins  nombreux  avec le temps. A la demande de « Résistance-Unie », les noms des dix-sept patriotes sont maintenant gravés côte à côte, sur ce mur du souvenir, de part et d'autre du buste rénové. Pour la postérité, nous avons fait le choix de l'ordre alphabétique, avec simplement leur profession et leur âge.

 

-  Autre grande figure de la Résistance de Grenoble : Albert Reynier, alias Vauban,Préfet de l'Isère de la Libération jusqu'à  son décès en 1949, ancien combattant de 14-18, ex-chef départemental de l'Armée Secrète, ex-commandant F.F.I. au Maquis du Grésivaudan, Officier de la Légion d'Honneur, Médaille de la Résistance avec Rosette, Croix de guerre. Rappelons que Nal et Reynier sont les deux responsables départementaux de I'A.S. qui ont réussi à échapper aux exécutions de Novembre. Le médaillon à la mémoire de Vauban, érigé au centre de la place de Metz depuis des décennies, bousculé à son tour par les exigences de l'urbanisme, était également en souffrance depuis quelques années, rue Pierre Sémard. Il a rejoint, dans la dignité, le mur du souvenir.

 

-  Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas suivi nos délibérations, nous devons brièvement rappeler pourquoi Pierre Flaureau alias « Pel », ingénieur électricien, avait sa place sur notre mur. Délégué du Parti Communiste pour l'Isère, il le représentait aussi bien à la Direction du Front National qu'au sein de la France Combattante, (alors Présidée par le Dr Valois). Après la tragique disparition de ce dernier, les M.U.R. de l'Isère complètement démantelés, n'avaient plus de Responsable . Une réorganisation s'imposait. C'est alors que Flaureau devient l'investigateur de la réunion dite de « Monaco », à laquelle assistent neuf autres délégués d'organisations de Résistance. Il s'agit de donner au département un exécutif qui, avec le commandement militaire des F.F.I., conduira à l'unitéde réflexion et d'action.

 

C'est ainsi que, le 25 janvier 1944, la concertation de Méaudre dans le Vercors, donna le jour au C.D.L.N. de l'Isère (Comité Départemental de Libération Nationale) . Ce C.D.L.N. répondait aux exigences du C.N.R., comme à celles de Londres et d'Alger. Et notre camarade Flaureau s'inscrivait dès lors dans l'Histoire.

 

-  Autre caractéristique et fait exceptionnel dans une guerre : le rôle des femmes etleur inestimable contribution à la victoire. Elles se sont discrètement et intelligemment impliquées dans l'organisation de la Résistance. Deux d'entre elles ont même assumé une responsabilité départementale dans l'Isère, à la tête des mouvements Combat etLibération.

-  Mais notre respectueux hommage s'adresse à toutes les femmes qui ont fait preuve d'un grand courage, à tous les niveaux de notre lutte clandestine. Bien consciente de risquer la torture et leur vie, elles n'ont pas hésité à  entrer  dans  l'action, là où  elles  se trouvaient, avec les moyens du bord. Réalisant de faux-papiers, hébergeant un homme recherché ou un enfant juif, soignant des blessés avec lesquels elles affrontaient  la  mort  ou  la déportation ... Plus directement exposées encore, les intrépides agents de liaison qui sillonnaient les routes à vélo, par tous les temps, transportant les précieux messages sans lesquels l'Etat-Major F.F.I. n'aurait pu diriger le département. Nombre d'exploits et de sacrifices  sont  probablement  encore  méconnus.

-  En novembre 1962, à l'initiative de l'Union des Femmes Françaises, une plaque à la mémoire des HEROINES de la Résistance était apposée rue Félix Poulat. Elle est venue ici rejoindre  d'autres témoignages  de  reconnaissance.

-   

-  Le MEMORIAL de la RESISTANCE reste le seul Monument dédié à tous les héros de la Résistance et des Maquis, devant lequel nous nous retrouvons toujours avec beaucoup d'émotions,  lors des  cérémonies  officielles.

-   

-  Je voudrais terminer en m'adressant aux plus jeunes :

-  « Le message d'espoir que la Résistance a légué aux générations montantes demeure intact parce que porteur des plus nobles valeurs humaines: le prix de la Liberté et celui de la vie. La  Résistance  a  été  un  moment  fort  de  notre  histoire qui a  contribué  à  la victoire de la démocratie sur le fascisme et au retour à la République ».

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74ème anniversaire de la remise de la Croix de la Libération

Lundi 5 novembre 2018,

Eric Piolle

 

Monsieur le Secrétaire général de la Préfecture Philippe PORTAL

Monsieur le Délégué national du Conseil des Communes Compagnons de la Libération Général Christian BAPTISTE

Madame la Conseillère régionale Nathalie BERANGER

Madame la Vice-Présidente du Département Anne GERIN

Général Pierre-Joseph GIVRE, Commandant la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne

Général de Division Michel KLEIN, Président de la Fédération des Soldats de Montagne

Mesdames et Messieurs les officiers supérieurs, officiers, sous-officiers et hommes du rang

Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants des associations d’Anciens combattants et de Résistants

Mesdames et Messieurs

 

 

Guy Charmot, Daniel Cordier, Hubert Germain, Pierre Simonet, Edgard Tupët-Thomé.

Ces noms, vous le savez, ce sont ceux des 5 Compagnons de la Libération encore vivants.

Ils étaient 1 038 au sortir de la guerre. Ils ne sont désormais pas plus nombreux que les doigts d'une seule main.

Certains ont encore une grande force de vie en eux, et je souhaite qu'ils la conservent le plus longtemps possible pour continuer à témoigner et raconter, pour transmettre l'esprit de la Résistance.

Mais le temps qui passe m'a convaincu d'une chose : en tant que Commune Compagnon de la Libération, nous portons une responsabilité particulière. Aujourd'hui plus encore qu'hier, nous, les 5 communes Compagnons de la Libération, nous devons nous mobiliser pour poursuivre notre action lorsque les témoins et acteurs de la Résistance ne seront plus là.

Avec Nantes et Paris, avec Vassieux-en-Vercors et l'Île de Sein, nous avons le devoir de lutter contre l'oubli. Nous devons faire vivre la mémoire des idées qui ont bâti la Résistance. Nous devons faire vivre la mémoire des femmes et des hommes qui ont « soulevé cette tempête d'héroïsme », pour reprendre les mots de Pierre Fugain.

La Croix de la Libération remise à Grenoble par le Général de Gaulle nous honore en reconnaissant l'action de notre ville dans la Résistance. C'est de Grenoble qu'ont été organisées nombre d'actions et de mobilisations, mais aussi le ravitaillement et la logistique des maquis des environs depuis ce centre névralgique.

Parmi les Résistants, certains étaient militaires – issus en particulier des Troupes de montagne. D'autres étaient civils : étudiants, ouvriers, enseignants, commerçants, paysans... D'autres encore étaient des religieux, comme un certain Henri Grouès, le futur Abbé Pierre, actif dans la création des maquis du Vercors et de Chartreuse.

Tous, ils connaissaient les risques : délation, arrestation, torture, déportation, exécution... Et pourtant ils ont agi d'une façon magnifique, parfois jusqu'au sacrifice de leur vie,  pour que nous puissions vivre libres. 

Pourquoi continuer aujourd'hui à commémorer cette période faite de drames et de souffrances, faite de petites et de grandes lâcheté, où le pire a côtoyé le plus beau, le déshonneur et l'honneur ?

Nous continuons à le faire par fidélité et reconnaissance envers le courage de ces femmes et de ces hommes bien sûr. Mais aussi parce que les valeurs de la Résistance résonnent encore profondément pour nous aujourd'hui.

Ces valeurs doivent être notre boussole.

Elles doivent nous donner la force de nous dresser contre toutes les injustices, contre les tentations d'arbitraire, contre le racisme et la haine.

 

C'est dans cet esprit que je serai présent à Colombey-les-Deux-Églises vendredi, au côté des autres villes Compagnons de la Libération, pour la cérémonie d’anniversaire de la mort du Général de Gaulle.

Aujourd'hui, près de nous, de trop nombreux signaux d'alerte s'allument. Nous assistons à une montée inquiétante des extrémismes et de la xénophobie dans plusieurs pays, y compris en Europe. Cette Europe construite pour que la paix, la justice, la démocratie et la solidarité repoussent loin de nous l'ombre de la guerre. Ici même en France, des propos et des actes racistes et antisémites refont surface, des appels à la haine et à la terreur. 

Alors plus que jamais, en réponse, je suis convaincu que nous devons cultiver les valeurs de la Résistance. Elles doivent être des repères, des piliers pour chaque citoyen dans notre ville et notre pays.

C'est pour cela qu'ici à Grenoble, nous sommes attachés à soutenir toutes les initiatives qui permettent de transmettre aux plus jeunes l'Histoire et la mémoire, l'esprit de la Résistance. En lien avec les écoles bien sûr, avec les résistants et les déportés, avec les associations, les historiens, avec le musée de la Résistance et de la Déportation, avec le Camp des Mille...

Ensemble, notre responsabilité est immense... et notre volonté l'est aussi !

 Vive la République !

Et vive la France !

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Allocution Jean-Pierre CELSE – 11 novembre 2018

 

Jeudi 11 novembre 1943 - Grisaille d'Automne –

 

Il y a 75 ans ! Si loin déjà et pourtant toujours aussi présent ! Pourquoi et comment ?

 

À la suite du débarquement Allié en Afrique du Nord, les troupes Italiennes occupent depuis le 12 novembre 1942, l'Isère et Grenoble.

 

Elles sont commandées par le Général Maurizio Lazzaro de Castiglioni qui, par son comportement, se démarque nettement des attitudes allemandes, vichystes et fascistes, notamment au sujet de la question juive.

 

Cette situation dure 10 mois, date du retrait programmé de l'Italie de la guerre même si celui-ci a lieu dans une grande pagaille, ce qui amène les Allemands en force dans la zone tenue par les Italiens et bien sûr à Grenoble.

 

Les 8 et 9 septembre 1943, les troupes allemandes de la 157e division du Général Karl Pflaum prennent le contrôle de notre ville après une série de combats contre les forces Italiennes du Général Castiglioni, lesquelles sont tuées et blessées par dizaines.

 

Le 9 septembre Grenoble et l'Isère sont allemandes !

 

Le système répressif est alors sévèrement renforcé, les interdits multipliés, la recherche des opposants et leur liquidation sans pitié, accélérée !

L'occupant était décidé à passer à l'action, à installer la terreur, bien aidé en cela par des Français de la Milice venus de Lyon et conduits par un sinistre personnage Francis André.

 

L'occupation italienne n’avait généré qu'une seule exécution ! (Henri LANIER à Crolles).

La période allemande où la répression et la persécution contre les juifs et la Résistance s'intensifient aura, elle, en moins de 10 mois ce terrible bilan : 729 civils fusillés et 3057 déportés dont 1877 mourront dans les camps maudits du nazisme.

C'est dans cette atmosphère où la ville, selon le général Leray, devient une fournaise irrespirable que la population Grenobloise, malgré l'interdiction des Allemands s’est mobilisée ce jeudi 11 novembre d'une part pour célébrer la victoire de nos aînés de 14/18 et surtout d'autre part pour crier à la face du monde, leur amour de justice et de liberté avec la volonté commune de chasser l'occupant et d'abolir le règne de la barbarie Hitlérienne.

 

Comme l'avaient déjà prouvé nos grands aînés de 1792, qui avec une armée de va-nu-pieds mirent en déroute l'Armée Prussienne au Moulin de Valmy ou encore devenu ces fameux soldats de l'an II si chers à Victor Hugo et vainqueurs à Fleurus, la résistance contre la tyrannie et pour la liberté est inscrite dans l'ADN de notre patrie et particulièrement dans celui de notre ville.

 

À Grenoble, ce 11 novembre 1943, les Français de toutes origines de toutes conditions, de toutes opinions, ces résistants anonymes, ces gens ordinaires, répondent à l'Appel du Comité de l'Isère de la France combattante et des Alpes Dauphinoises.

Le travail a cessé, les commerces sont fermés et ce sont plus de 2000 patriotes qui sont réunis pour aller défier l'occupant.

 

Après une vibrante marseillaise, et alors que la manifestation prenait fin des militaires et des civils allemands sont sortis brusquement de la Maison des Etudiants siège de l'Etat-major allemand.

 

Ce jour-là les troupes allemandes qui attendaient de pied ferme les patriotes grenoblois avaient reçu l'ordre de leur Etat-Major de tirer sur la foule.

 

Mais fort heureusement, alors qu’ils s’étaient déployés en tirailleurs avec des armes automatiques et des pistolets, les GMR et les gendarmes français placés entre les Allemands et le cortège ont réussi à les dissuader de faire usage de leurs armes. Un premier carnage venait d'être évité !

 

D'autres malheureusement allaient suivre et se généraliser dans les camps de la honte qui allaient devenir votre quotidien dans ces camps, outils d'une gigantesque industrie de meurtres organisés.

 

Un millier d’hommes, de femmes et d’enfants sont alors emprisonnés dans un enclos ceinturé par des barbelés sous la menace d’armes automatiques, par la troupe déployée en tirailleurs. Le calvaire de la plupart d’entre eux venait de commencer !

À 17 heures les femmes et les enfants seront libérés. Les hommes au nombre de 400 seront emprisonnés à la caserne de Bonne d’où ils sortiront le 13 Novembre entassés dans des camions escortés d’automitrailleuses jusqu'à la gare d’où 376 d’entre eux partiront en direction de l’enfer Nazi !

Pourquoi rien n’a-t-il été fait pour empêcher ce départ ? Cette question est longtemps restée sans réponse.

Et pourtant la résistance n'était pas restée sans réaction.

Les FTP du groupe La MARNE 1 de Saint-Egrève, avec le renfort du groupe BAYARD de Saint-Martin-Le-Vinoux avaient monté une opération pour arrêter le train des patriotes en plastiquant les rails aux environs du Fontanil.

Mais ceux-ci attendirent en vain le signal de mise à feu, jusqu'au crépuscule.

Les Allemands ayant certainement été prévenus de cette opération firent partir le train des Déportés, direction Compiègne, par Chambéry, alors que la logique voulait que ce soit la direction de Lyon qui soit prise.

 

Ce fut donc le tristement célèbre camp de Royallieu à Compiègne avant le départ pour les camps maudits et majoritairement pour les Grenoblois ceux de Buchenwald et de Mauthausen où la destruction de l'homme était programmée.

 

  • Buchenwald situé sur la colline de l’Ettersberg à 8 km de Weimar où, ironie de l’histoire, l’humaniste Goethe venait se reposer dans la forêt au pied d’un chêne célèbre.

 

  • Buchenwald d’où une partie des Grenoblois sera dirigée sur le camp de Flossenbourg et sur celui de Dora, camp longtemps oublié pour de sombres raisons politiques, et d’où aucun détenu ne devait sortir vivant et qui fut dans sa brève existence l’un des plus terribles des bagnes nazis.

 

  • Mauthausen, camp construit en granit et qui demeure un témoin de l’horreur nazie, un camp où l’extermination se faisait par des travaux forcés. Le camp central avec sa terrible carrière et son escalier de la mort s’étendit à des camps annexes tout aussi terribles, tels Gusen ou Ebensée sans oublier le fameux château d’Hartheim haut lieu d’expériences médicales.

 

Ce sera pour vous, ici présent, pour tous ces patriotes grenoblois et pour tous vos compagnons de misère, la faim, le froid, les coups, les expériences médicales et pour la plupart la mort.

Mais aussi, ne l’oublions pas, pendant 18 longs mois, 400 familles allaient elles-aussi connaître l’angoisse et le désarroi. Elles allaient attendre sans nouvelles et dans la peur le retour aléatoire d’un fils, d’un frère, d’un mari ou d’un père. Hélas pour trois familles sur quatre, ce retour tant espéré n’aura jamais lieu.

 

Pour les autres, et vous les survivants qui êtes ici et qui peuvent en témoigner, la joie des retrouvailles faisait rapidement place à l’inquiétude lorsque les familles découvraient ces grands « pantins » désarticulés dont le visage était mangé par des yeux immenses remplis de douleur.

Tous atteints physiquement, en voie de rétablissement plus ou moins long, mais tous atteints moralement et à tout jamais non guérissables ! On ne guérit jamais de la peste concentrationnaire, de cet univers où le soleil ne se lève jamais et où les nuits durent 24 h.

 

Comment Grenoble pourrait-elle oublier cela ? Comment oublier ces enfants brisés dans leur chair, brisés dans leur esprit ?

 

Que serait devenu notre pays si un petit nombre d’individus n’avait pas décidé de s’élever contre l’idéologie nazie et la collaboration française et de ne pas céder au destin contraire. En rejoignant le camp de la résistance et de la lutte contre l’occupant, cela a été l’honneur de votre vie.

 

Grenoble, par votre action, par celles de ses résistants martyrisés a bien mérité sa nomination de Ville Compagnon de la Libération.

 

Le temps est revenu en ce jour, 75 ans plus tard, pour se souvenir encore plus que les autres jours, de vous les rescapés de cette terrible journée, de vos compagnons disparus, qui avaient accompli un des plus tragiques sacrifices, celui de votre jeunesse et de votre vie pour chasser l'occupant nazi, pour libérer de l'oppresseur non seulement ceux qui croyaient en vous mais aussi tous ceux qui avaient choisi d'attendre et de voir et qui se faisaient les complices involontaires de Vichy, cette capitale d’un instant, malentendu d’une mauvaise histoire de France.

 

Tous ces visages qui surgissent aujourd'hui, victimes des camps nazis, et qui n'auront jamais une sépulture où peuvent se recueillir leurs familles, ne doivent pas faire partie de notre passé, mais doivent être comme vous les survivants, qui n'êtes jamais vraiment revenus de ces terres de sang, un exemple pour notre présent et le futur de notre jeunesse. À vous tous, les rescapés de cette effroyable descente aux enfers, qui avaient laissé les barbelés de Buchenwald, Dora, Mauthausen ou Flossenbürg mais qui ont été toujours présents dans votre vie, ainsi qu'à tous vos compagnons disparus, Français et étrangers, dont l'anniversaire n'a jamais pu être que celui de leur assassinat dans les camps maudits du nazisme, nous devons à tout jamais respect et reconnaissance, et tant que votre santé le permettra il est indispensable qu'avec vous, la mémoire de ces années sombres soit transmise aux jeunes générations mais aussi à l'ensemble de nos concitoyens.

 

Le Reich millénaire aura duré 12 ans. Durant son bref temps d’existence, la race des seigneurs aura causé la mort de 65 millions d'êtres humains et laissé pour toujours une Europe à tout jamais marquée dans sa terre par le sang de ses enfants.

 

Aujourd'hui un gros travail mémorial est engagé par les différentes Fédérations et Associations patriotiques bien soutenues par les pouvoirs publics. Mais cela suffit-il?  À l'évidence non, et notre jeunesse, mais aussi l'ensemble de la population doivent rester vigilants, car malheureusement la génération de ceux qui ont connu l'enfer des camps nazis est en train de nous quitter.

 

Bientôt il ne restera que de l'histoire et de ce que nous en ferons, cette histoire qui, ne l'oublions jamais, ne s'est pas arrêtée en 1945.

 

Ce qui se passe dans les pays nationalistes du centre de l'Europe, Hongrie et surtout Pologne, pays qui ont été le théâtre de la destruction massive des juifs et qui y ont souvent contribués est révélateur.

 

Ceux-ci veulent refermer et clore le travail de mémoire réalisé. En Pologne, la loi pénalise désormais ceux qui montreront la contribution de ce pays livrant les juifs aux occupants nazis, ou même, en les assistant dans leur travail de destruction.

 

Faudra-t-il un jour transférer Auschwitz-Birkenau ?

 

Cette loi qui vise également les professeurs d'école est un désastre moral, historique et politique.

Nous ne parlerons pas de tous ces vents mauvais en provenance, nous les avions déjà dénoncés, d'Autriche, d'Italie et même maintenant des pays scandinaves.

 

Il suffit de citer l’Allemagne où les néonazis avancent à visage découvert, avec le renouveau politique de Björn Höcke qui ne cesse de remplir l'espace, celui-là même, qui il y a un an seulement avait qualifié le mémorial de la Shoah à Berlin de mémorial de la honte.

Plus que jamais, nous devons-nous être vigilants et dénoncer tous les actes de renaissance de l'idéologie nazie et toutes les tendances négationnistes.

 

« À te regarder, ils s'habitueront »

 

Ce vers de René Char résume bien la banalisation de l'extrême droite dans l'Europe entière, où la similitude des évènements avec ceux des années 30 devient de plus en plus proche.

 

Cette Europe surgit du plus profond désespoir par lucidité et acharnement, cette Europe qui est l'antidote de la guerre et que certains voudraient voir disparaître en oubliant les démissions et les lâchetés des Européens des années 30, qui ont conduits à l'enchaînement final.

 

Ni le mal, ni la barbarie n'ont disparu !

Qui a oublié qu'en juillet 1995 à SREBRENICA a eu lieu l'assassinat de 8000 Bosniaques de confession musulmane ! Cette terrible épuration ethnique s'est passée à nos portes !

 

Il nous faut donc plus que jamais porter la mémoire de nos aînés, porter ces messages de paix, de tolérance, et de fraternité, du refus de la fatalité de l'antisémitisme, du racisme et de la xénophobie, alors que la réalité du terrorisme dans notre pays redonne de la couleur aux 4 millions de lettres de dénonciation contre « l'étranger » reçues par nos Préfets pendant l'occupation nazie.

La meilleure façon d’honorer nos résistants, de vous honorer, c’est de se souvenir que tous se sont avant tout battus contre la barbarie, l’injustice et pour la liberté. Ces hommes, ces femmes, de toutes les confessions, de toutes les origines, de tous les pays, partis dans les bagnes nazis, victimes des wagons à bestiaux, des fils de fer barbelés, des fours crématoires, des appels à l'aube sans matin, des camps, des chiens ont payé de leur vie leur soif de liberté et de justice.

Lorsqu’ils combattaient les nazis, ils ne voyaient pas à côté d’eux un noir, un blanc, un juif, un musulman ou un chrétien, juste un frère, une sœur.

 

Réunir des personnes de cultures différentes rend possible la lutte contre les replis identitaires et la construction du progrès.

Le manque d'explication et d'accompagnement qui nourrit les peurs, crée un vide que comblent les mouvements extrémistes.

Enfin pour terminer, écoutons cette citation qui convient si bien à votre idéal, vous les survivants de l'enfer ainsi qu'à tous vos compagnons disparus.

Je cite : « Tous nous espérons un âge nouveau, la concorde entre les nations, l'ordre dans les États, l'apaisement religieux, en un mot la félicité d'une vie heureuse et l'afflux de toutes les prospérités ».

Paroles récentes ? Paroles des jours heureux ?

Non .. Paroles prononcées au Collège de France par Barthélemy LATOMUS, ami du grand ÉRASME en … 1534 !

Presque 500 ans !

 

Le chemin est long, très long… Plus que jamais soyons vigilants, et n'oublions jamais.

 

Je vous remercie.

 

JP Celse

Association des Déportés du 11 novembre 1943

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Commémoration 11 novembre 1943 – 11 novembre 2018

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21 octobre 2018

Communiqué


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ASSOCIATION  DEPARTEMENTALE  DES  DEPORTES  ET  INTERNES  RESISTANTS ET PATRIOTES

                 F.N.D.I.R.P.

 

 

SIEGE SOCIAL

7 rue Condorcet

38000 GRENOBLE

Tél : 06-07-33-32-08

Courriel : addirp38@orange.fr

C.C.P  720  86 M  GRENOBLE

  

COMMUNIQUE

 

 

Vendredi 5 octobre à 14h, une vingtaine de militants de Génération Identitaire se sont introduits illégalement au siège de SOS Méditerranée, à Marseille, afin d'expulser de force les salariés de l'ONG qui affrète l'Aquarius.

 

Face à cette nouvelle phase de violence politique orchestrée par l'ultra-droite, la FNDIRP 38 appelle au  respect de l'état de droit dans notre pays et demande au gouvernement de mettre fin aux troubles manifestes à l'ordre public.

 

Plusieurs rassemblements de soutien à SOS Méditerranée ont lieu dans toute la France.


La FNDIRP 38,  garante de la mémoire et du " plus jamais ça ", accompagne toute initiative et toute mobilisation pour lutter contre la résurgence des idées de haine.

 

 

Grenoble le  6 octobre 2018

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Cérémonie Libération de Grenoble 22 aout 2018

 

Cette année, la manifestation s’est déroulée en 3 temps.

 

Cérémonie au Jardin de Ville à 16h00:




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Renaud Pras, directeur de l’ONAC et maître de cérémonie s’est exprimé ainsi :

 

« Nous sommes réunis aujourd'hui pour rendre hommage à nos glorieux libérateurs qui ont combattu il y a 74 ans pour rendre sa liberté à GRENOBLE.

La 7ème armée américaine et l’Armée B du Général De LATTRE débarquent sur les Côtes de Provence le 15 août, les plans initiaux prévoyaient une libération de GRENOBLE à J+90.

 

La 36ème division du major Général DAHLQUIST prend la route des Alpes et entame la remontée dans l’axe de la DURANCE,  la TASK FORCE BLUTER en est le fer de lance.

En 5 jours les Alliés sont aux portes de l’ISERE !!

 Le Général DAHLQUIST décide d’envoyer le 143ème régiment d’infanterie en Direction de GRENOBLE.

 

 Le 20 août, les premiers éléments du 3ème bataillon du 143ème régiment d’infanterie du Colonel ADAMS sont aperçus dans le TRIEVES

 

Rapidement les Américains décident d’envoyer en reconnaissance le 1er bataillon de Choc parachuté quelques jours auparavant dans la DRÔME, ils talonnent la Wehrmacht.

Le 20 au soir les « Chocs » atteignent VIF ; le Lieutenant BEAUMONT rejoint ses hommes avec de nouvelles instructions

Ils doivent reconnaître et prendre les ponts du DRAC pour une arrivée des Américains prévue le 21 à 10h30

 

 Le 21, l’avant-garde est à PONT DE CLAIX, un terrible combat s’engage avec une compagnie d’ALPENJÄGER : plusieurs blessés et deux morts le chasseur BARRAT et un civil Monsieur RODILLON qui s’était porté volontaire pour guider la section.

Les éléments du 1er Bataillon de Choc commandés par l’Aspirant Raymond MUELLE prennent possession des ponts.

 

La journée passe.

 

 Dans la nuit du 21 au 22 août 1944, la 157ème division du Général PFLAUM quitte GRENOBLE.

A l’aube du 22 août, la section MUELLE fait mouvement vers GRENOBLE.

A 07h30 les hommes du Lieutenant BEAUMONT et de l’Aspirant MUELLE entraient dans GRENOBLE,  ils précédaient le gros des troupes américaines.

 Parallèlement de durs combats se déroulent à Vizille, les Résistants sont aux prises avec des éléments de la Wehrmacht retranchés dans le parc du château.

 

 Les Américains installent leur poste de commandement à l’Hôtel Napoléon rue Montorge. Très vite, les bataillons du 143ème régiment d’infanterie doivent repartir. Ils sont relevés par le 1er bataillon du Lieutenant-colonel DAVIDSON et le 3ème bataillon du Lieutenant-colonel JOHNSON du 179ème régiment d’infanterie ; ils sécurisent le front nord de GRENOBLE.

           

La libération de GRENOBLE se passa sans que pratiquement aucun coup de feu ne soit tiré.

 En janvier 1945, le Général DE LATTRE DE TASSIGNY écrivit ces quelques mots : « le 1er bataillon de choc s’est vu confier les missions les plus dures. Il n’a pas connu l’échec… »

 

 Que chacun de nous se souvienne devant cette plaque de ces héros français et de nos alliés américains qui ont combattu pour la liberté. »

 

Un dépôt de gerbe de la ville de Grenoble, la sonnerie aux morts et la Marseillaise ont clôturé ce premier temps. Jean Julien portait le drapeau et Michèle Josserand était présente.

 

Inauguration de la rue Lanvin-Lespiau à 17h00

 



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C’est par une délibération du 18 novembre 2013 que la Ville de Grenoble a donné le nom du Capitaine André Lanvin-Lespiau, Chef du maquis de l’Oisans et du secteur 1 de l’Isère 1943-1944 à cette rue au sein de la Presqu’île scientifique, territoire marqué par l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale et jalonné des noms des figures emblématiques de la Résistance et de la Répression. Deux des arrière-petits-enfants du Capitaine Lanvin-Lespiau, Hugo, 17 ans et Margaux 15 ans,  ont fait une lecture à deux voix de sa biographie. Le Lieutenant- Colonel Luc de Coligny, Délégué Militaire Départemental de Saône et Loire, Vice-président de l’Association Nationale des Anciens, Descendants et Amis du Maquis de l’Oisans, secteur 1 et petit-neveu du Capitaine Lanvin-Lespiau lui a rendu hommage, au nom de la famille. Madame Martine JULLIAN, Conseillère municipale déléguée, et les enfants du Capitaine Lanvin-Lespiau, Ghislaine, Gérard et Jean-Paul, ont dévoilé le portrait et la plaque. Dépôt d’une gerbe de la Ville de Grenoble, commune Compagnon de la Libération et de la famille par Madame Martine JULLIAN et les enfants du Capitaine, Ghislaine, Gérard et Jean-Paul. S’en suivit une minute de silence et La Marseillaise.

 

Au monument des Martyrs à 18h00


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Patricia Detroyat, responsable du protocole à la ville de Grenoble tint les propos suivants : « Tout à coup, comme si la ville avait changé, la foule grouillait dans les rues de Grenoble, des drapeaux tricolores avec la Croix de Lorraine flottaient sur les maisons. Des inconnus nous serraient dans leurs bras, des filles nous donnaient des fleurs. Un sentiment de bonheur et de liberté flottait dans l’air. Sur l’avenue, une Citroën noire s’avançait. A l’avant de la voiture, par la fenêtre ouverte, quelqu’un brandissait un grand drapeau. Sur la carrosserie on avait peint avec de grandes lettres PREFET DU MAQUIS. De loin on entendait des cris, des exclamations. Sur la route marchaient les hommes, une partie était déjà en uniforme, mais la majorité était encore en civil, avec des vêtements déchirés et couverts de boue, mais tous rayonnaient de fierté. Nous nous sommes joints à eux pour entrer ensemble dans la caserne. C’était un sentiment enivrant d’avancer comme des vainqueurs au milieu d’une foule enthousiaste. » Ces quelques mots ont été écrits par l’auteur hongrois Imrré Bots, qui dans son ouvrage « Grenoble, de l’occupation à la liberté », rapporte les souvenirs éblouis qu’il conserva de la journée du 22 août 1944, qu’il avait vécue dans notre ville.

Ce jour- là, dont nous célébrons aujourd’hui le 74ème anniversaire, Grenoble était libre après 349 jours d’occupation allemande et plus de quatre ans après la défaite du mois de juin 1940. Journée exceptionnelle dont le souvenir demeure, dans l’esprit et le cœur des Grenoblois par fidélité aux résistants et à leur idéaux, et à tous ceux qui ont payé de leur vie cette liberté. »

 

Monsieur Daniel HUILLIER, Président de Résistance Unie prit ensuite la parole, voici quelques extraits de son allocution : « …/.... Nous nous devons de rappeler que les affrontements de la Résistance et de la Libération de l’Isère, dans une lutte inégale contre le nazisme et ses serviteurs, ont coûté à ces volontaires plus de 2000 morts au combat, de nombreux disparus, 840 fusillés, 1150 déportés dont la moitié ne revint pas des camps de concentration. Avant l’évocation du 22 août 1944, si cher à nos mémoires, rappelons la date du débarquement sur les Côtes de Provence, le 15 août, l’enthousiasme et la reconnaissance que nous devions à nos 450 000 libérateurs (dont les 2/3 appartenaient à l’armée « B » du général De Lattre de Tassigny)…:/:… 74 ans plus tard, c’est à tous nos jeunes frères d’armes de la France combattante, tombés avant de partager avec nous l’allégresse de cette libération tant espérée que nous pensons en cet instant. Leurs visages restent gravés dans nos mémoires. Même si le temps a quelquefois un peu « flouté » leurs traits, il n’a pu effacer la lumière d’un sourire ou une posture bien personnelle. Nous ne pouvons les imaginer vieillissants comme nous. Ce changement n’avait pas été programmé pour eux. Le mot « changement » m’interpelle. Au moment même où ils étaient arrachés à la vie dans des circonstances tragiques, leur idéal et leurs illusions étaient intacts ! C’est à eux que s’adressait Albert Camus quand il évoquait : « celui qui, dans une nation, ne veut jamais s’agenouiller. Les Résistants ont cru et voulu un peuple à leur image, un peuple à inventer le futur, dans le prolongement de la vie inventée qui fut la leur. Même si la communication fut brève, la part du rêve semblait pouvoir, un moment, mordre sur le réel ! ». Je terminerai en rappelant encore une fois, que l’héritage de la Résistance tient moins à ses exploits qu’au sens de son témoignage. »

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Chant des Partisans et dépôt des gerbes ont terminé la cérémonie.

 

 

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Square des Fusillés - Cérémonie du 14 aout 2018

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GRENOBLE : Le 14 août, 194 vingt maquisards, tous originaires de Villard de Lans, Autrans et Méaudre, faits prisonniers par les nazis, enfermés à la caserne de Bonne à Grenoble, ont été amenés devant l’usine Bouchayer, à l’angle du cours Berriat et de la rue Ampère. Ils furent descendus du camion et lâchement assassinés. Chaque année, une  cérémonie a lieu le 14 août à Grenoble, à la mémoire de ces martyrs, devant le monument, square des fusillés. Elle se traduit par l’appel des morts et le dépôt de plusieurs gerbes.

La FNDIRP était représentée par Jean Julien qui portait le drapeau, Michèle Josserand et Michel Vannier.

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JOURNEE NATIONALE A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DES CRIMES RACISTES ET ANTISEMITES DE L’ETAT FRANCAIS ET D’HOMMAGE AUX JUSTES DE FRA

 

GRENOBLE : LE 22 JUILLET

JOURNEE NATIONALE A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DES CRIMES RACISTES

ET ANTISEMITES DE L’ETAT FRANCAIS ET

D’HOMMAGE AUX JUSTES DE FRANCE

 



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Monsieur Yves  Ganansia, Président du CRIF Grenoble Dauphiné s’exprima ainsi:

 

« Ce 22 Juillet correspond au 9eme jour du mois de Av dans le calendrier hébraïque ; c’est un jour de deuil marqué par un jeûne et des prières car il commémore une série de malheurs pour le peuple juif : la destruction du premier Temple de Jérusalem par les Babyloniens, puis du second Temple par les Romains, la persécution des juifs lors des Croisades, l’expulsion des juifs d’Angleterre, de France et d’Espagne, et plus récemment l’extermination industrialisée des juifs d’Europe lors de la seconde guerre mondiale.

            Zakhor, souviens toi… Les 16 et 17 Juillet 1942, 4500 policiers et gendarmes français arrêtaient à leur domicile 12884 juifs pour les conduire au Vélodrome d’hiver. Parmi eux,  4115 enfants furent emmenés seuls, séparés de leurs parents, dans les camps de transit de Pithiviers puis de Drancy. Pas un seul de ces enfants ne revint. Devant leurs vies brulées, dont ne subsistent que des noms, nous sommes encore glacés d'horreur.

 Zakhor, souviens toi ... Aux premières heures du matin de ce 16 Juillet 42, des familles ont été brutalement arrachées à leur sommeil, poussées dans des escaliers dévalés pour un voyage inconnu, puis jetées dans des cars parisiens, pour être entassées dans la chaleur atroce du Vel d'Hiv, dans une promiscuité et une attente insupportables. Il n'y avait aucune hygiène, aucun confort, pas d'eau et très peu de nourriture.

Sans jamais savoir pourquoi, sans jamais imaginer jusqu'où ?

            Zakhor, souviens toi... Devançant les ordres de l'occupant, Laval, assisté de Bousquet et de Darquier de Pellepoix, recommandait de n'épargner personne. Et comme l'a reconnu, le Président Jacques Chirac, dans son fameux discours du 16 Juillet 1995 : «  La France, patrie des Lumières et des droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là accomplissait l’irréparable.” La rafle du Vel d'Hiv demeure une tache sur l'histoire de notre pays, comme celle du 26 Août 42 dans notre département. Personne ne devra jamais oublier, qu'au vingtième siècle, au pays des Lumières, des femmes, des hommes et des enfants, ont été persécutés et déportés en raison de leur identité. 76 ans après, nous nous souvenons, avec tristesse et émotion, de la souffrance de ces malheureuses victimes, et de ces jours noirs, où, bafouant les plus essentielles de nos valeurs, des bourreaux français insultèrent la conscience humaine.

            Zakhor, souviens toi...car l’histoire peut se reproduire… 76 ans après ces funestes évènements, une vieille dame de 85 ans Mireille Knoll, rescapée de cette rafle du Vel d’Hiv, a été torturée puis brûlée par des islamistes fanatiques. Assassinée en plein Paris en 2018 pour l’unique raison qu’elle était juive.

 

            Zakhor, souviens toi… Pour chacun d'entre nous, qui regardons avec lucidité notre passé, qui voulons savoir, qui voulons comprendre, la mémoire est un souffle perpétuel.

Et si nous ne pouvons oublier ces heures de malheur , nous devons nous souvenir aussi, de ceux qui prirent le risque de cacher des juifs pour les soustraire à la traque de l'occupant et de la milice ; nous souvenir du courage et de la solidarité de certains français , en rendant hommage à ces policiers , à ces employés de mairie, de préfecture, à ces ouvriers, à ces hôteliers, à ces paysans , à ces religieux catholiques , protestants et musulmans , qui ont permis à des centaines de familles d'échapper à cette monstruosité.

            Zakhor, souviens toi... De tous ces Justes (au nombre de 115 en Isère), ces héros anonymes  et discrets qui se levèrent contre la haine antisémite, cachèrent et protégèrent des juifs au péril de leur vie. Ainsi, selon Serge Klarsfeld, grâce à eux, les trois quarts de la communauté juive de France ont été sauvés. Je veux évoquer, parmi tant d’autres, Anne-Marie Mingat, qui nous a quittés récemment (le 17 décembre 2017), et à qui nous devons rendre un hommage particulier.

Anne-Marie, dite Mimi, secrétaire de Mairie à Domène de 1933 à 1944 s’engage dans la Résistance dès Juin 40, à la suite de la capitulation de Pétain.

Comme Résistante, Mimi participe à de nombreuses activités : Elle soutient les jeunes réfractaires du STO. Elle opère comme agent de liaison pour le Maquis du Grésivaudan en transmettant du matériel utile aux Résistants. Elle devient un contact important pour les familles juives réfugiées, notamment celles en provenance de Paris après la Rafle du Vel d’Hiv. Elle utilise son travail pour confectionner et falsifier de nombreux documents.

Le maire de la commune étant vichyssois, cette activité est particulièrement risquée pour la jeune femme de 22 ans, qui continue malgré tout son action, sauvant ainsi la vie de  nombreux membres du réseau clandestin juif de Grenoble. A la fin de l’année 42, elle rencontre Zizla Przedlorski, juive originaire de Pologne, en fuite et désespérée qui lui demande de cacher sa fille Félicia âgée de 12 ans. Elle nous raconte : C’était en pleine guerre…J’étais donc à la mairie en train de recevoir mes clients et j’ai vu une dame qui m’a abordée et qui m’a dit : « Je vous en prie madame, sauvez ma petite fille ! »

Sur le coup, je n’ai rien compris. J’ai réfléchi un moment et je me suis dit : « Tu caches des armes, tu caches des réfractaires, tu as toutes sortes de pistolets à la maison que tu caches toute la journée, elle ne sera peut-être pas en sécurité chez toi… »  Mais vu que cette femme était vraiment désemparée, je lui ai dit « amenez là moi ». Le soir, la mère a amené sa petite avec ses affaires. D’emblée, nous avons établi toutes les deux un contact chaleureux. Il y a quelque chose qui s’est passé entre nous deux, c’était ma petite sœur… Avec l’aide de sa mère, Marthe Lherme, Mimi a recueilli Félicia jusqu’à la fin de la guerre, et trouvé également une cachette pour les parents de Félicia.

Après la Libération, celle-ci témoigne : « Quand mes parents sont venus me reprendre à la fin de la guerre, je ne savais pas de quel côté aller. C’est à dire aller avec mes parents ou rester avec Anne-Marie. J’ai adoré Anne-Marie. Elle a été pour moi une vraie mère. Je lui dois tout, elle m’a sauvé la vie. »

Le 18 avril 1982, Yad Vashem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Marthe Lherme et Anne-Marie Mingat. Celle-ci a reçu également la Médaille d’Or de la ville de Grenoble et le prix de la Mémoire du Bnai Brith.

C’est après ces retrouvailles avec Félicia, qu’Anne-Marie Mingat s’est engagée dans la transmission du souvenir auprès des jeunes générations : elle intervint pendant de longues années dans de nombreux collèges et lycées isérois pour témoigner de son expérience de Résistante. Juste parmi les Nations vient de l’hébreu « Hassid Oummot Ha-Olam » signifiant  littéralement « Généreux des Nations du Monde ».

Comment la Torah nous présente-t-elle ce fait d’être Juste ? D’une manière fort simple, grâce au commandement que l’on nomme en hébreu : « hakhnassat orchim », l’accueil des visiteurs, l’empressement envers les étrangers, car « n’oublie jamais que tu as été un étranger et un esclave en terre de Pharaon ».220718a

            Zakhor, souviens toi… Nous sommes à une période cruciale de l'histoire de ces commémorations. Comme nous le rappelle Simone Veil, rescapée de cet enfer: " ceux qui sont revenus, ont pris l'engagement, que ceux d'entre nous qui survivraient, parleraient pour tous ceux qui ont disparu, pour qu'on ne les oublie pas, et que cela ne puisse recommencer. Longtemps leur parole n'a pas été entendue. Pour la plupart, il était plus facile de ne pas savoir. Pour d'autres, il était insupportable de les écouter." Au fil du temps, de précieux témoins nous quittent, des voix s'éteignent... Le 5 Juillet dernier, c’est Claude Lanzmann qui disparaissait. A 18 ans, il adhérait aux Jeunesses Communistes et devenait l’un des organisateurs de la Résistance à Clermont Ferrand. Il participait à la lutte clandestine puis aux combats des Maquis d’Auvergne, aux embuscades dans le Cantal et dans la Haute Loire. La lecture en 1947 des « Réflexions sur la question juive » de Sartre, puis un voyage en Israël, lui font découvrir un peuple, le peuple juif, qu’il ne reniera plus. Il ne le reniera plus et lui bâtira un monument de larmes et de vérité. Un monument de stupeur qui obligera l’Humanité à regarder ses crimes et à en supporter le poids.

Ce monument c’est Shoah, terme hébreu, pour anéantissement, catastrophe, ruine, dont le titre gravé dans l’éternité se suffit. Shoah c’est une œuvre unique pour un crime unique, ce sont des visages, des témoignages de bourreaux et de victimes. C’est un cri…Un refus aussi : celui de l’oubli. « Un certain absolu d’horreur est intransmissible » nous dit Claude Lanzmann. Je tiens à rappeler qu’en 2006, Claude Lanzmann a reçu le prix Louis Blum décerné par le CRIF Grenoble, pour sa contribution à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et à la mémoire de la Shoah. A l'heure où la mémoire brûlante des survivants s'estompe progressivement, il est impérieux que vive notre histoire commune, que ces images demeurent gravées dans nos cœurs pour faire obstacle à la haine et au rejet de l'autre. A l’effritement du temps doit se substituer cette mémoire des images, que leurs mots ont fait naître en nous; nous sommes tous des garants de cet héritage, des passeurs de mémoire qui peuvent à leur tour raconter et transmettre.

Zakhor, souviens toi... Car la mémoire est aussi le rendez-vous de la conscience. Il n'y a de mémoire que vivante et active; nous devons apprendre avec elle à éviter les pièges d'un fanatisme, qui, malgré les leçons du passé ne désarme pas, hélas. La mémoire doit être la lumière qui transperce la nuit. Elle nous rappelle sans relâche que nous devons lutter contre toutes les formes de racisme, d'antisémitisme ou de xénophobie, qui sont autant d'atteintes à la dignité de l'homme. Face à la haine, à la violence, au terrorisme, et à leurs banalisations, affirmons nos principes ! A force de volonté et de justice nous gagnerons ce combat.

La souffrance et la mort de ces millions de juifs affamés, humiliés, fusillés ou gazés accompagnent aujourd'hui nos pensées. Puissent-elles également guider les pas de tous ceux et de toutes celles qui, aux responsabilités qui sont les leurs, souhaitent construire un monde de Justice et de Paix pour tous.

Zakhor, souviens toi... Cette année, un homme est devenu un Héros dans la mort et encore un martyr d’une guerre qui ne dit pas assez son nom.

Il s’agit bien évidemment du Colonel Arnaud Beltrame, qui, par le sacrifice de sa vie en échange d’une otage, est devenu l’incarnation de cet esprit français que certains pessimistes croyaient disparu. Par son acte, Arnaud Beltrame a porté au plus profond de lui-même, la devise fondatrice de notre République : Il incarne la Liberté pour laquelle l’esprit français de tout temps s’est montré capable de combattre jusqu’à la mort. Il consacre l’Egalité de sa vie à celle d’autrui. Et il démontre la puissance de cette Fraternité qui n’est pas seulement celle des armes, mais aussi et surtout celle du genre humain, celle de la communauté des Hommes, en étant capable de mourir pour son prochain. Grâce à lui, la bonté n’est pas morte, le Juste existe encore aujourd’hui…

A notre tour, nous devons nourrir nos esprits et nos comportements de ces principes. Car aujourd’hui, face aux dangers qui menacent notre pacte républicain, c’est à nous tous qu’il appartient de se lever, de parler et de résister pour que toujours vive la République, et qu’à jamais vive la France. »

 220718bComme chaque année, la FNDIRP était présente à cette très émouvante cérémonie. Jean Julien portait le drapeau. La gerbe a été déposée par Michèle Josserand, Véronique Sanchez et Michel Vannier.

 

    

 

 

Posté par addirp38 à 14:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]