Cette année, la manifestation s’est déroulée en 3 temps.

 

Cérémonie au Jardin de Ville à 16h00:




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Renaud Pras, directeur de l’ONAC et maître de cérémonie s’est exprimé ainsi :

 

« Nous sommes réunis aujourd'hui pour rendre hommage à nos glorieux libérateurs qui ont combattu il y a 74 ans pour rendre sa liberté à GRENOBLE.

La 7ème armée américaine et l’Armée B du Général De LATTRE débarquent sur les Côtes de Provence le 15 août, les plans initiaux prévoyaient une libération de GRENOBLE à J+90.

 

La 36ème division du major Général DAHLQUIST prend la route des Alpes et entame la remontée dans l’axe de la DURANCE,  la TASK FORCE BLUTER en est le fer de lance.

En 5 jours les Alliés sont aux portes de l’ISERE !!

 Le Général DAHLQUIST décide d’envoyer le 143ème régiment d’infanterie en Direction de GRENOBLE.

 

 Le 20 août, les premiers éléments du 3ème bataillon du 143ème régiment d’infanterie du Colonel ADAMS sont aperçus dans le TRIEVES

 

Rapidement les Américains décident d’envoyer en reconnaissance le 1er bataillon de Choc parachuté quelques jours auparavant dans la DRÔME, ils talonnent la Wehrmacht.

Le 20 au soir les « Chocs » atteignent VIF ; le Lieutenant BEAUMONT rejoint ses hommes avec de nouvelles instructions

Ils doivent reconnaître et prendre les ponts du DRAC pour une arrivée des Américains prévue le 21 à 10h30

 

 Le 21, l’avant-garde est à PONT DE CLAIX, un terrible combat s’engage avec une compagnie d’ALPENJÄGER : plusieurs blessés et deux morts le chasseur BARRAT et un civil Monsieur RODILLON qui s’était porté volontaire pour guider la section.

Les éléments du 1er Bataillon de Choc commandés par l’Aspirant Raymond MUELLE prennent possession des ponts.

 

La journée passe.

 

 Dans la nuit du 21 au 22 août 1944, la 157ème division du Général PFLAUM quitte GRENOBLE.

A l’aube du 22 août, la section MUELLE fait mouvement vers GRENOBLE.

A 07h30 les hommes du Lieutenant BEAUMONT et de l’Aspirant MUELLE entraient dans GRENOBLE,  ils précédaient le gros des troupes américaines.

 Parallèlement de durs combats se déroulent à Vizille, les Résistants sont aux prises avec des éléments de la Wehrmacht retranchés dans le parc du château.

 

 Les Américains installent leur poste de commandement à l’Hôtel Napoléon rue Montorge. Très vite, les bataillons du 143ème régiment d’infanterie doivent repartir. Ils sont relevés par le 1er bataillon du Lieutenant-colonel DAVIDSON et le 3ème bataillon du Lieutenant-colonel JOHNSON du 179ème régiment d’infanterie ; ils sécurisent le front nord de GRENOBLE.

           

La libération de GRENOBLE se passa sans que pratiquement aucun coup de feu ne soit tiré.

 En janvier 1945, le Général DE LATTRE DE TASSIGNY écrivit ces quelques mots : « le 1er bataillon de choc s’est vu confier les missions les plus dures. Il n’a pas connu l’échec… »

 

 Que chacun de nous se souvienne devant cette plaque de ces héros français et de nos alliés américains qui ont combattu pour la liberté. »

 

Un dépôt de gerbe de la ville de Grenoble, la sonnerie aux morts et la Marseillaise ont clôturé ce premier temps. Jean Julien portait le drapeau et Michèle Josserand était présente.

 

Inauguration de la rue Lanvin-Lespiau à 17h00

 



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C’est par une délibération du 18 novembre 2013 que la Ville de Grenoble a donné le nom du Capitaine André Lanvin-Lespiau, Chef du maquis de l’Oisans et du secteur 1 de l’Isère 1943-1944 à cette rue au sein de la Presqu’île scientifique, territoire marqué par l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale et jalonné des noms des figures emblématiques de la Résistance et de la Répression. Deux des arrière-petits-enfants du Capitaine Lanvin-Lespiau, Hugo, 17 ans et Margaux 15 ans,  ont fait une lecture à deux voix de sa biographie. Le Lieutenant- Colonel Luc de Coligny, Délégué Militaire Départemental de Saône et Loire, Vice-président de l’Association Nationale des Anciens, Descendants et Amis du Maquis de l’Oisans, secteur 1 et petit-neveu du Capitaine Lanvin-Lespiau lui a rendu hommage, au nom de la famille. Madame Martine JULLIAN, Conseillère municipale déléguée, et les enfants du Capitaine Lanvin-Lespiau, Ghislaine, Gérard et Jean-Paul, ont dévoilé le portrait et la plaque. Dépôt d’une gerbe de la Ville de Grenoble, commune Compagnon de la Libération et de la famille par Madame Martine JULLIAN et les enfants du Capitaine, Ghislaine, Gérard et Jean-Paul. S’en suivit une minute de silence et La Marseillaise.

 

Au monument des Martyrs à 18h00


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Patricia Detroyat, responsable du protocole à la ville de Grenoble tint les propos suivants : « Tout à coup, comme si la ville avait changé, la foule grouillait dans les rues de Grenoble, des drapeaux tricolores avec la Croix de Lorraine flottaient sur les maisons. Des inconnus nous serraient dans leurs bras, des filles nous donnaient des fleurs. Un sentiment de bonheur et de liberté flottait dans l’air. Sur l’avenue, une Citroën noire s’avançait. A l’avant de la voiture, par la fenêtre ouverte, quelqu’un brandissait un grand drapeau. Sur la carrosserie on avait peint avec de grandes lettres PREFET DU MAQUIS. De loin on entendait des cris, des exclamations. Sur la route marchaient les hommes, une partie était déjà en uniforme, mais la majorité était encore en civil, avec des vêtements déchirés et couverts de boue, mais tous rayonnaient de fierté. Nous nous sommes joints à eux pour entrer ensemble dans la caserne. C’était un sentiment enivrant d’avancer comme des vainqueurs au milieu d’une foule enthousiaste. » Ces quelques mots ont été écrits par l’auteur hongrois Imrré Bots, qui dans son ouvrage « Grenoble, de l’occupation à la liberté », rapporte les souvenirs éblouis qu’il conserva de la journée du 22 août 1944, qu’il avait vécue dans notre ville.

Ce jour- là, dont nous célébrons aujourd’hui le 74ème anniversaire, Grenoble était libre après 349 jours d’occupation allemande et plus de quatre ans après la défaite du mois de juin 1940. Journée exceptionnelle dont le souvenir demeure, dans l’esprit et le cœur des Grenoblois par fidélité aux résistants et à leur idéaux, et à tous ceux qui ont payé de leur vie cette liberté. »

 

Monsieur Daniel HUILLIER, Président de Résistance Unie prit ensuite la parole, voici quelques extraits de son allocution : « …/.... Nous nous devons de rappeler que les affrontements de la Résistance et de la Libération de l’Isère, dans une lutte inégale contre le nazisme et ses serviteurs, ont coûté à ces volontaires plus de 2000 morts au combat, de nombreux disparus, 840 fusillés, 1150 déportés dont la moitié ne revint pas des camps de concentration. Avant l’évocation du 22 août 1944, si cher à nos mémoires, rappelons la date du débarquement sur les Côtes de Provence, le 15 août, l’enthousiasme et la reconnaissance que nous devions à nos 450 000 libérateurs (dont les 2/3 appartenaient à l’armée « B » du général De Lattre de Tassigny)…:/:… 74 ans plus tard, c’est à tous nos jeunes frères d’armes de la France combattante, tombés avant de partager avec nous l’allégresse de cette libération tant espérée que nous pensons en cet instant. Leurs visages restent gravés dans nos mémoires. Même si le temps a quelquefois un peu « flouté » leurs traits, il n’a pu effacer la lumière d’un sourire ou une posture bien personnelle. Nous ne pouvons les imaginer vieillissants comme nous. Ce changement n’avait pas été programmé pour eux. Le mot « changement » m’interpelle. Au moment même où ils étaient arrachés à la vie dans des circonstances tragiques, leur idéal et leurs illusions étaient intacts ! C’est à eux que s’adressait Albert Camus quand il évoquait : « celui qui, dans une nation, ne veut jamais s’agenouiller. Les Résistants ont cru et voulu un peuple à leur image, un peuple à inventer le futur, dans le prolongement de la vie inventée qui fut la leur. Même si la communication fut brève, la part du rêve semblait pouvoir, un moment, mordre sur le réel ! ». Je terminerai en rappelant encore une fois, que l’héritage de la Résistance tient moins à ses exploits qu’au sens de son témoignage. »

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Chant des Partisans et dépôt des gerbes ont terminé la cérémonie.